“J’ai été violée par Patrick Bruel” : plusieurs victimes présumées témoignent pour la première fois à la télévision sur TF1

Un reportage de Sept à Huit diffusé sur TF1 donne la parole à plusieurs femmes accusant Patrick Bruel de viols ou d’agressions sexuelles qui s’étendent sur près de trente ans. Le chanteur, présumé innocent, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

L’affaire Patrick Bruel prend une nouvelle ampleur. Ce dimanche 24 mai 2026, dans un long reportage diffusé dans Sept à Huit sur TF1, de nombreux témoins ont pris la parole au sujet du chanteur, qui est accusé par une trentaine de femmes de viols et d’agressions sexuelles dans des enquêtes publiées dans Mediapart, Elle, sur RTL ou encore sur la RTBF, sur une période allant de 1991 à 2019. “J’ai été violée par Patrick Bruel”, amorce Séverine après 26 ans de silence. Dans un témoignage, son premier à la télévision, elle rapporte des faits qui remontent aux années 2000, alors qu’elle est âgée de 27 ans et qu’elle vient d’assister à un rassemblement après un concert..

En apprenant son métier de kinésithérapeute, l’artiste lui aurait demandé un massage dans sa chambre. Flattée par cette demande, elle accepte, puis décrit avoir refusé à trois reprises des attouchements au niveau de la cuisse et en direction de sa poitrine pendant l’acte. Il l’aurait ensuite embrassée de force. Mariée et mère de famille, elle raconte ensuite avoir été déshabillée et pénétrée. Une rencontre dont l’accusé dit ne pas se souvenir. “On lui impute des faits qu’il conteste absolument ou qui ne se sont pas passés et qui sont à des années-lumière de son comportement”, assure Christophe Ingrain, son avocat, qui le qualifie simplement de “un séducteur”.

Une première plainte contre Patrick Bruel en 2019, avant un déluge d’accusations

La première accusation connue du chanteur remonte au 13 août 2019, lorsqu’une masseuse d’un hôtel de luxe en Corse se présente à la gendarmerie pour signaler une séance de massage qui aurait dégénéré. Selon elle, Patrick Bruel a refusé de mettre un sous-vêtement jetable et de se couvrir avec une serviette, puis a demandé des massages sur des zones “très intimes”. Devant son refus, il se serait déplacé de manière à ce qu’elle glisse sur ses parties intimes. Une enquête est ouverte pour “exhibition sexuelle” et “harcèlement sexuel”, confirme le procureur de la République d’Ajaccio. L’accusé a intégralement nié les faits.

La médiatisation déclenche sept autres témoignages en justice, dont quatre plaintes, qui seront classées sans suite en 2021. Une autre masseuse nommée Léa (prénom modifié) dans le reportage, relate elle aussi une demande de massage sexuel en 2008, alors qu’elle a 20 ans. Il m’a dit : ‘Si tu veux pas le faire avec la bouche, fais-le avec les mains.’ Je lui redis que non (…) Il s’est levé, s’est collé nu, m’a enlacée”, confie-t-elle. Repoussé, il l’aurait menacée, arguant bien connaître son patron, la poussant au silence. “Il a toujours une serviette, il n’est pas nu (…) Ce qui est vrai, c’est que comme il souffre du dos, il demande des massages très appuyés dans le bas avec le coude”, explique son avocat, qui réfute les réclamations d’actes sexuels.

Selon les informations de Sept à Huit, une autre affaire ayant eu lieu en Suisse s’est réglée de manière confidentielle. Mis en cause par une masseuse bénévole lors d’un festival, elle lui reproche d’être resté nu et d’avoir demandé à être massé au niveau du pubis. La plainte a été retirée suite à un versement de plusieurs milliers d’euros de l’artiste à une association d’aide aux femmes immigrées. Un accord confirmé par Me Christophe Ingrain qui évoque “une conciliation proposée par le parquet, comme c’est d’usage en Suisse pour des allégations mineures” et qui a été acceptée par les deux partis.

Karine Viseur, Flavie Flament et Ophélie Fajfer témoignent, ses proches le défendent

L’émission revient ensuite sur une affaire qui s’est déroulée le 23 avril 2010 à Bruxelles. Pour la promotion d’un film, Karine Viseur, une attachée belge de 39 ans, l’accompagne toute la journée, tandis que son mari, Patrick Tamine, conduit le véhicule de la star. Il affirme que le chanteur fait une proposition sexuelle à sa femme devant tout le monde. “Il manifeste en plus des paroles, des actes, donc des attouchements, des caresses”, détaille son épouse. Puis, il l’entraîne dans les toilettes des locaux d’une télévision et passe ses mains sous sa robe. Après l’avoir repoussé à de multiples reprises, physiquement et oralement, elle arrive à ouvrir la porte et à sortir. Elle dit avoir porté plainte avant de la retirer, puis de la redéposer le 24 mars dernier. Une enquête a été ouverte, malgré la probable prescription des faits.

Alexandre Arcady, le réalisateur de Comme les cinq doigts de la main (2009) qui l’accompagnait ce jour-là dit n’avoir rien remarqué. Ami depuis 50 ans avec “son Patrick”, celui qui a lancé sa carrière au cinéma dépeint “un homme qui aime séduire, qui a eu beaucoup d’aventures féminines” mais dit ne pas croire qu’il soit “capable d’une quelconque violence pour obtenir un baiser ou je ne sais quoi”. “Pour l’instant, ce sont des plaignantes, ce ne sont pas encore des victimes, attendons que la justice se prononce”, rappelle-t-il à propos des femmes qui ont témoigné ou porté plainte.

Clémentine Jarraud, la maquilleuse de Patrick Bruel, a également pris sa défense, notamment contre les accusations de Flavie Flament, qui dit avoir été violée par lui à son domicile lorsqu’elle avait 16 ans. Enfin, le reportage se penche sur l’un des deux dossiers roouverts par le parquet de Nanterre le 19 mai dernier. Il s’agit d’un viol qui remonterait à 2015 sur Ophélie Fajfer, une étudiante de 19 ans à l’époque. Invitée à sa maison de L’Isle-sur-la-Sorgue, elle raconte par l’intermédiaire de son avocate l’avoir masturbé pour éviter un viol et préserver sa virginité. Elle est confrontée en 2021 au chanteur qui nie les faits. “Elle refuse un baiser et cela s’arrête là”, déclare son avocat. La plainte est classée en 2022 avant que les investigations reprennent mardi dernier. Visé par aucune poursuite judiciaire et présumé innocent, l’artiste doit bientôt commencer une tournée, malgré plusieurs appels de maires à annuler ses dates dans leur ville.

Ce qu’il faut retenir :

  • Plusieurs femmes témoignent à la télévision, dont Séverine, qui affirme avoir été violée par Patrick Bruel dans les années 2000, ou Léa (prénom modifié), qui raconte une tentative d’agression sexuelle.
  • Le reportage révèle qu’une affaire en Suisse s’est réglée de manière confidentielle, le chanteur ayant versé plusieurs milliers d’euros à une association d’aide aux femmes immigrées, un accord confirmé par son avocat.
  • Le parquet de Nanterre a rouvert deux dossiers le 19 mai dernier, dont celui d’Ophélie Fajfer, qui affirme l’avoir mastubré en 2015 pour éviter un viol. Patrick Bruel, actuellement visé par aucune poursuite judiciaire, doit bientôt débuter une tournée malgré des appels à l’annulation de plusieurs maires.

Pour consulter les temps de cuisson complets, rends-toi sur la page suivante ou clique sur le bouton « Ouvrir » (>) — et n’oublie pas de PARTAGER cette recette avec tes amis sur Facebook !