Les cellules cancéreuses libèrent des vésicules extracellulaires (EV), de minuscules bulles lipidiques de 100 à 355 nanomètres, transportant protéines, ARN et lipides pour préparer les tissus cibles avant l’arrivée des cellules tumorales.
Ces microbulles créent des pré-niches métastatiques en rendant les vaisseaux plus perméables, en recrutant des cellules immunitaires pro-tumorales et en favorisant l’angiogenèse dans des organes comme le foie ou les poumons.
Pour mieux comprendre ces EV et surmonter leur variabilité naturelle, des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill, dirigés par Julia V. Burnier, ont conçu des liposomes synthétiques bio-inspirés.
Ces microbulles artificielles, produites via des micromixeurs microfluidiques, permettent de contrôler la taille (90–222 nm), la charge électrique (-47 à -1 mV) et la composition lipidique.
Les particules de 100 nm et charge négative (-40 mV) s’internalisent efficacement dans les cellules endothéliales et tumorales, reproduisant les effets des EV naturelles sur l’adhésion, la signalisation et la modulation immunitaire.
Ces liposomes servent aussi de vecteurs thérapeutiques : chargés de doxorubicine, ils ciblent les glioblastomes in vitro tout en épargnant les cellules saines et peuvent bloquer les EV tumorales par compétition.
Les modèles murins confirment que les EV seules suffisent à créer des pré-niches métastatiques.
Les principaux défis pour une application clinique restent le ciblage spécifique, la stabilité sanguine, la résistance enzymatique et la production stérile à grande échelle.
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