Longtemps pointée du doigt, la surconsommation d’antibiotiques en médecine n’est plus la seule responsable de la résistance des antimicrobiens. Nos produits ménagers sont bourrés de biocides et leur usage massif favorise l’émergence de super-bactéries résistantes aux traitements. Alors, côté hygiène, est-ce qu’on en fait un peu trop ? Faut-il repenser notre hygiène pour combattre cet ennemi invisible niché dans nos placards ?
[EN VIDÉO] Indispensable au quotidien, le savon a sans doute sauvé de nombreuses vies, notamment avec son utilisation dans le milieu médical. Unisciel et l’université de Lille 1 nous expliquent au cours de cet épisode de Kézako d’où proviennent ses capacités de nettoyage.
Chaque jour, des millions de personnes utilisent des lotions, lingettes, gels ou sprays antibactériens. S’ils semblent inoffensifs, une équipe internationale tire pourtant la sonnette d’alarme. Ces produits contribueraient en réalité à un problème mondial majeur : la résistance aux antimicrobiens.
Les antimicrobiens, comme les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires, sont des médicaments utilisés pour prévenir et traiter les infections chez les êtres humains, les animaux et les végétaux.

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Au fil du temps, ces bactéries et autres virus peuvent devenir résistants aux antimicrobiens. Ils ne réagissent plus aux médicaments, rendant plus difficile le traitement des infections et augmentant le risque de propagation des maladies et de décès. Ainsi, l’Organisation mondiale de la Santé
(OMS) classe-t-elle la résistance aux antimicrobiens comme l’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique mondiale.
Les biocides, omniprésents dans nos produits ménagers du quotidien, participent activement à la propagation de gènes de résistance. © Maridav, Shutterstock.com
Des produits du quotidien
Jusqu’à présent, la plupart des efforts pour lutter contre cette résistance se sont concentrés sur la réduction de l’usage excessif d’antibiotiques en médecine et en agriculture. Mais de nouvelles recherches menées par des scientifiques d’Amérique du Nord, du Sud et de Suisse montrent que nos produits ménagers peuvent également jouer un rôle crucial dans ce phénomène.

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Les chercheurs, dont les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Environmental Science & Technology, mettent en lumière que certains agents chimiques, appelés biocides, comme les composés d’ammonium quaternaire et le chloroxylenol, sont largement utilisés dans des produits courants : savons antibactériens, lingettes désinfectantes, sprays, détergents, textiles, plastiques
, et produits de soins personnels. Leur utilisation a explosé pendant la pandémie de Covid-19 et reste élevée aujourd’hui.
Or, ces substances, qui n’apportent pas de bénéfice supplémentaire lorsque l’on se lave simplement les mains avec de l’eau et du savon, entraînent en réalité la résistance bactérienne. Des études en laboratoire et dans la vie réelle montrent que ces produits chimiques, rejetés dans l’environnement, permettent des modifications génétiques durables chez les bactéries, leur permettant de survivre.

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